Au fond de ces fourmilières fonctionne depuis 48 millions d’années un service de soins qui trie les blessés selon leurs chances de survie

Les individus trop gravement atteints sont laissés pour compte — une décision médicale basée sur un pronostic. Ce comportement n’est pas instinctif au sens basique du terme. C’est un système de soins élaboré, documenté par des chercheurs stupéfaits, qui existait 48 millions d’années avant que l’humanité n’invente la médecine.

On a toujours cru que les fourmis retrouvaient leur nid grâce aux odeurs : en réalité, elles comptent chaque pas, et des chercheurs l’ont prouvé de la façon la plus absurde

Et pourtant, la fourmi fait demi-tour et rentre chez elle en ligne droite, avec une précision chirurgicale. Pendant longtemps, on a cru que les odeurs suffisaient à tout expliquer. Une expérience publiée en 2006 dans la revue Science a renversé cette certitude, de la façon la plus improbable qui soit.

Ces fourmis examinent la blessure, décident d’amputer ou non, et sauvent 9 patientes sur 10

Sans cette intervention, 60 % d’entre elles meurent de l’infection. Une étude publiée le 2 juillet 2024 dans la revue Current Biology, dirigée par Erik Frank de l’Université de Würzburg, vient de documenter un fait sans précédent dans le règne animal : une espèce non-humaine pratique des amputations médicales différenciées, adaptées au type de blessure présenté.