| Dans une interview accordée à L’Écho des Tribunes (lire ci-dessous) sur les raisons de son départ de l’UVTF, Robert Ménard reconnaît lui-même la « brutalité », la « cruauté » et la « souffrance du taureau » dans la corrida, tout en expliquant ne pas vouloir la défendre au nom de la tradition, certaines traditions étant selon lui « mauvaises ». Le COLBAC réagit. Robert Ménard contredit le discours taurin traditionnel Si Robert Ménard reconnaît lui-même la brutalité, la cruauté et la souffrance du taureau, alors il admet implicitement que le problème moral existe. Il défend donc une pratique moralement inacceptable au nom d’un seul principe abstrait de « liberté culturelle ». Or une société démocratique limite régulièrement certaines libertés lorsqu’elles soulèvent un problème moral et éthique majeur. Le raisonnement « Si vous n’aimez pas, n’y allez pas » est un argument profondément cynique qui revient à considérer que tout est acceptable dès lors qu’on est libre de détourner le regard ! Ces propos du maire fragilisent considérablement les arguments traditionnels du milieu taurin, qui prétend depuis des années que « le taureau ne souffre pas ». Ils montrent également les limites de l’argument de la « tradition », qui fonde pourtant l’exception pénale accordée à la corrida. L’identité de Béziers n’est pas la corrida Le COLBAC pointe également une contradiction dans le discours du maire : la corrida peut difficilement être à la fois une simple « diversité culturelle » portée par une petite « tribu des amoureux de la corrida », et l’identité supposée de toute la ville de Béziers. De la même façon que Robert Ménard vient de décider seul la sortie de Béziers de l’UVTF, il impose depuis des années, de son propre chef et par son seul pouvoir personnel, une prétendue identité taurine à la ville de Béziers, comme si l’ensemble de la population adhérait à cette pratique. Or la corrida ne concerne qu’une minorité d’aficionados et une majorité de Biterrois ne s’y reconnaît pas, voire la rejette. Le maire devrait également respecter tous les habitants qui souffrent de voir l’image de leur ville réduite à une pratique de cruauté sanglante. Le courage, ce n’est pas d’entretenir la barbarie d’une société Robert Ménard défend aussi la corrida au nom du « courage » du torero. Mais le courage n’est une vertu que lorsqu’il sert à protéger, sauver ou défendre des vies. Dans la corrida, il est mis au service de l’argent, de la gloire et de l’ego. Le torero ne sauve rien ni personne : il prend un risque inutile, au prix d’une violence dégradante pour la dignité et l’éthique humaines. Une “richesse culturelle” rejetée par les tribunaux R. Ménard défend la corrida au motif qu’elle « enrichirait le patrimoine de l’Humanité ». Comment une pratique que la justice empêche aujourd’hui de s’étendre (Pérols, La Brède) pourrait-elle sérieusement constituer un enrichissement pour l’Humanité ? Comment une pratique relevant « d’actes de cruauté et sévices graves » dans le Code pénal français (art. 521-1) pourrait-elle être une richesse culturelle ? Et comment une pratique « culturelle » qui ne relève même pas du ministère de la Culture et ne figure pas au Patrimoine Culturel Français pourrait-elle prétendre enrichir le patrimoine de l’Humanité ? En conclusion, Robert Ménard se désolidarise du discours taurin traditionnel, mais ses arguments sont encore plus faibles. Il admet lui-même la cruauté de la corrida, puis nous explique qu’il suffit de détourner le regard, ce qui est moralement inacceptable. Pour le COLBAC, ce cafouillage idéologique montre une seule chose : la corrida est indéfendable. |
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